Histoire
18 mai 2026
Contributions déterminées au niveau national #CDN 3.0
Le 30 mars 2026, l’Union des Comores a soumis sa Troisième Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) dans le cadre de l’accord international adopté en 2015 à Paris, visant à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C. Cet accord encourage chaque pays à définir et mettre en œuvre ses propres engagements climatiques, afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de renforcer sa résilience face aux impacts du dérèglement climatique. Pour les Comores, cette feuille de route stratégique vise plus précisément à concilier la protection des écosystèmes fragiles de l'archipel avec un développement durable et équitable, tout en réaffirmant l'ambition de maintenir leur statut de puits de carbone d'ici 2030.Au-delà de l’engagement climatique qu’elle représente, cette nouvelle contribution se distingue par un fait remarquable : elle répond à l’ensemble des 47 indicateurs de l’UNICEF relatifs à la prise en compte des droits de l’enfant. Les Comores sont le sixième pays (sur 114) à répondre à la totalité de ces indicateurs, aux côtés des Émirats arabes unis, de l'Eswatini, du Mexique, de la Colombie et du Congo. Il s’agit d’une réussite remarquable qui témoigne de l’engagement sans faille à inclure les droits des enfants dans l’action climatique.Concrètement, cette CDN 3.0 sanctuarise l'accès aux services sociaux de base en intégrant l’importance des infrastructures scolaires et de santé résilientes aux risques de catastrophes climatiques. Elle met l'accent sur la sécurité nutritionnelle et hydrique, essentielle pour prévenir les maladies liées à la qualité de l'eau face au changement climatique. De plus, elle intègre un volet crucial de protection et d'inclusion, garantissant que les politiques de gestion des risques ne laissent aucun enfant de côté. Enfin, elle valorise la participation citoyenne, en faisant des jeunes comoriens des acteurs formés et sensibilisés, capables de porter les solutions de demain pour la sauvegarde de leur archipel. Le changement climatique, un multiplicateur de risques pour les enfantsAux Comores, les enfants de moins de 18 ans représentent 43 % de la population. Le changement climatique agit comme un multiplicateur de risques, mettant en péril plusieurs droits fondamentaux garantis par la Convention relative aux droits de l’enfant.Le droit à la santé est particulièrement affecté. Les inondations contaminent les sources d’eau, augmentant les risques de maladies comme le choléra ou la typhoïde. Les fortes chaleurs exposent déjà près de la moitié des enfants à des températures dépassant 35°C, avec des impacts sur la déshydratation, la nutrition et le développement physique et cognitif. À cela s’ajoutent les effets psychologiques des événements climatiques extrêmes, souvent invisibles mais durables.Le droit à l’éducation est également fragilisé. Lorsque les moyens de subsistance des familles sont affectés, notamment dans les zones rurales, les enfants sont plus exposés au risque de déscolarisation, contraints d’aider leurs familles ou de travailler pour compenser les pertes économiques.Les chocs climatiques fragilisent aussi le droit à la protection et le droit à un niveau de vie suffisant. Les déplacements forcés, la perte de logement et l’insécurité alimentaire créent un environnement propice à l’exploitation, au travail des enfants et à d’autres formes de vulnérabilité.Une élaboration participativeLa CDN 3.0 de l’Union des Comores a été élaborée à travers un processus participatif et inclusif, associant différentes parties prenantes nationales. Cette approche a permis d’intégrer la voix des groupes sociaux, notamment celles des enfants et des jeunes, reconnus comme des acteurs importants du processus et de l’action climatique.Après la CDN 3.0, le pays entre dans une phase d’action. Il s’agit de mettre en œuvre les engagements pris, de mobiliser les financements et de suivre les progrès afin de s’assurer que les actions produisent des résultats concrets.Les enfants et les jeunes, acteurs de la solutionLa CDN 3.0 ne considère pas les enfants et les jeunes uniquement comme des victimes du changement climatique. Elle reconnaît leur rôle essentiel dans la construction d’un avenir plus résilient et durable.L’intégration du changement climatique dans les curricula scolaires, le soutien aux clubs d’adolescents pour l’environnement, la promotion d’initiatives locales comme les jardins scolaires, le reboisement ou le recyclage, ainsi que le renforcement de la gouvernance intersectorielle figurent parmi les leviers identifiés pour une participation plus active et transformative de la jeunesse.Dans un pays jeune comme les Comores, investir dans l’enfance aujourd’hui, c’est renforcer la résilience nationale de demain.La révision de la CDN 3.0 des Comores a été appuyée par plusieurs partenaires techniques et institutionnels, dont l’UNICEF, le PNUD notamment à travers l’initiative ‘’Climate Promise’’, l’OIT, le PNUE ainsi que l’organisation Green Future International.Au niveau mondial, l’UNICEF s’est activement impliquée dans au moins deux tiers des CDN soumises (87 sur 130 pays ayant soumis leurs contributions), ce qui témoigne de son engagement mondial à protéger les enfants des effets du changement climatique.Note : L’UNICEF aux Comores, a soutenu le processus de révision de la contribution déterminée au niveau national grâce au financement de son partenaire l’Agence Coréenne de Coopération Internationale (KOICA) dans le cadre du projet « Action climatique pour le dernier kilomètre ».